Artiste de rue depuis 1997, elle exécute des chorégraphies acrobatiques avec Antoine Dubroux. On la voit sur des mobiles façon Calder, accrochée à un " tape-cul "géant ou même aux mâts du " Belem ". Spectacle de leur compagnie, l'Epate en L'air, à Villeneuve-La-Garenne (Hauts-de-Seine) le 30 septembre.
Voltige beauceronne
Sa grange est calée sente des Mésanges, dans le hameau du Chesnay, à Etampes. La première fois que Véronique Stékelorom l'a visitée, en 1998, elle débordait de maïs et abritait dans ses combles une nuée de passereaux. Aujourd'hui, plus un grain ne traîne. Sol dégagé. Nickel. Les cloisons aussi ont sauté. Le couple a percé des baies dans les murs aveugles et agencé l'espace à sa guise. Tous les jours pendant trois heures, Véronique, danseuse aérienne de son métier, peut enfin se balancer tête-bêche. Et voltiger sur son trapèze, agrippée à Antoine, son partenaire. "Nos premiers spectacles, nous les avons montés à Paris, la nuit, dans le studio photo où Antoine travaillait. C'était une pièce très hante de plafond". Le hic, c'est que ces répètes nocturnes sont vite devenues épuisantes.
Car à Paris le couple d'artistes volants n'a jamais trouvé d'appartement assez haut de plafond:" Un beau jour, on a pris notre camion, raconte la danseuse, et on a mis le cap au sud. On s'est arrêtés de ville en ville dans les agences immobilières." Résultat, le duo s'éloigne de plus en plus du périf." Même dans l'Essonne, les grandes surfaces à acheter se font rares." Dernier arrêt: Etampes. Véronique Stékelorom refuse de descendre plus bas." Ma limite, c'était le terminants du RER C. Je voulais rester connectée à Paris. "
  Les six premiers mois, elle " montait sur Paris" trois fois par semaine. " J'avais besoin de l'agitation des boulevards. Ici, on est cerné par les champs. Tout ce calme, c'est presque trop." Et puis, fatalement, elle freine sur les escales parisiennes, réduites à une fois par semaine, maxi." Juste pour voir des spectacles. " Elle découvre alors sa nouvelle ville" provinciale. Il m'a fallu plusieurs mois pour comprendre que ses cinq quartiers sont autonomes. Chacun possède son église et ses petits commerces. Les villages" du bas redoutent ceux du haut, considérés comme malfamés". Enfin, ça se discute. Pour y avoir donné un spectacle, l'artiste de rue ne les trouve pas bien terribles : " Ici, c'est presque la campagne. Du coup, les quelques constructions HLM du coin font peur. Même de petite taille et noyées de verdure". Sans parler des nouveaux arrivants, les Parisiens, "ces fous" qui effraient aussi certains Beaucerons." On ne vous dit pas "bonjour madame Machin" comme ça. Il faut du temps. " Alors, l'an dernier, pour faciliter les relations de voisinage, les deux acrobates ont donné un de leurs numéros. Au beau milieu du hameau. "Depuis, même si on nous prend pour des hurluberlus, il y a toujours quelqu'un pour nous aider à décharger la carriole quand nous rentrons de tournée." Quel talent! Marie-Anne Sittelle